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PAX - Pet Allergy Xplorer: Le premier test IgE d'allergie moléculaire pour les animaux de compagnie

Rédigé par Nextmune | 10-oct.-2022 15:26:00

L'allergologie moléculaire est une approche de pointe pour la détection des sensibilisations, dans laquelle des composants allergènes uniques sont utilisés à la place des extraits d'allergènes traditionnels pour la détermination des IgE spécifiques. Les composants moléculaires sont des protéines recombinantes qui offrent un niveau de standardisation plus élevé que les extraits d'allergènes et permettent une identification quantitative plus précise des IgE. Les tests d'allergologie moléculaire sont des outils puissants qui aident à identifier les déclencheurs d'allergie, facilitant ainsi l'évaluation des risques et les décisions thérapeutiques.

LE PROBLÈME

Traditionnellement, les tests d’allergie en médecine vétérinaire consistent en une technique ELISA. On commence par placer un extrait d’allergène sur une microplaque, puis on incube le sérum avant d’appliquer un réactif qui reconnaît les immunoglobine E (IgE) couplé à une enzyme. Après application d’un substrat de l’enzyme, la réaction de couleur résultante indique la quantité d’IgE présente.

Cette technique, utilisée par les laboratoires vétérinaires du monde entier, n’a pas vraiment changé depuis plus de deux décennies.

Toutefois, les résultats peuvent varier considérablement selon l’extrait d’allergène utilisé, et de faux négatifs peuvent survenir si les concentrations d’allergènes protéiques pertinents ne sont pas suffisantes. Par exemple, l’extrait de l’acarien domestique, un allergène fréquent pour les animaux de compagnie, est fabriqué en broyant des acariens, puis en ajoutant des solvants pour libérer les allergènes.

L’acarien de la poussière domestique Dermatophagoides farinae contient plus de 10.000 protéines, mais seulement environ 40 qui causent une réaction allergique sont reconnus chez l’homme et 5 chez le chien. Cela signifie qu’un faible pourcentage de protéines sensibilisantes est présent dans l’extrait, et les résultats peuvent être négatifs surtout si un animal a un faible niveau d’IgE contre un allergène particulier. En outre, les extraits peuvent varier non seulement d’un laboratoire à l’autre, mais aussi d’un lot d’allergène à l’autre, ce qui peut rendre les résultats difficiles à reproduire.

LA SOLUTION

Pour obtenir des informations plus précises, des tests sont nécessaires pour identifier chaque protéine allergènique. Au lieu de tester l’acarien de la poussière domestique (ou tout autre allergène) dans son ensemble, il serait souhaitable d’utiliser une technologie pour tester les protéines spécifiques causant une réaction allergique. Depuis quelques années, les praticiens traitant les humains utilisent l’allergologie moléculaire pour déterminer les allergènes causant des problèmes afin d’offrir à leurs patients des immunothérapies plus spécifiques.

Macro Array Diagnostics a lancé l’Allergy Xplorer (ALEX), qui fournit un profil de sensibilisation pour les patients humains basé sur un panel composé d’extraits d’allergènes et d’allergènes moléculaires. Depuis sa fondation en 2016, la société a lancé deux générations d’ALEX, offrant un panel couvrant une majorité des allergènes pertinents dans le monde. Elle a également développé le Food Xplorer (FOX), pour détecter les intolérances alimentaires induites par les IgG.

L’INNOVATION

Après avoir moi-même souffert d’allergies et avoir été testé en utilisant le test ALEX2, j’ai pensé que cette technologie pourrait être extrêmement bénéfique pour l’allergologie vétérinaire.

Nextmune s’est donc associée à Macro Array Diagnostics pour développer le Pet Allergy Xplorer (PAX), le premier test sérologique commercial pour les IgE spécifiques qui utilise des extraits d’allergènes et des composants moléculaires pour identifier les allergènes sensibilisant les animaux.

Les avantages sont :

  • Une reproductibilité améliorée — Un robot produit chaque matrice pour le test, fournissant une méthode de production uniforme qui dépasse la reproductibilité actuelle de construction de plaques ELISA. En outre, un processus de normalisation est utilisé pour chaque allergène, améliorant la reproductibilité.
  • Une augmentation du nombre d’allergènes testés — Les tests sérologiques ELISA typiques évaluent la sensibilisation à environ 90 extraits, et les tests intradermiques donnent environ 60 à 80 résultats. La cartouche PAX peut contenir 300 « points », dont 1/3 seront des extraits et 2/3 des composants moléculaires.
  • Une technologie automatisée — Les robots sont utilisés tout au long du processus, ce qui réduit les erreurs humaines. Les points d’allergènes sont disposés sur les membranes par un robot. En outre, un autre robot pipette le sérum et les réactifs pendant la phase de test. La lecture des résultats est aussi automatique. Des contrôles sont intégrés à la cartouche PAX pour s’assurer que l’échantillon a suffisamment d’IgE pour les essais, et ces contrôles indiquent également si la cartouche est utilisée correctement.
  • Un traitement amélioré — Les résultats plus précis et sensibles que le PAX va fournir devraient permettre d’améliorer la capacité à produire une immunothérapie plus efficace pour un meilleur soulagement de l’animal.
  • Une amélioration de l’identification des réactions croisées — L’utilisation d’extraits d’allergènes et de composants moléculaires aidera à identifier les réactions croisées.
  • Une aide à l’élucidation des polysensibilisations— Lorsque plusieurs allergènes provoquent une réaction, la PAX devrait aider à identifier les allergènes « primaires » sensibilisant.
  • Des résultats individualisés — Les résultats fournis au vétérinaire seront propres à la région où il vit, ainsi qu’à l’espèce de l’animal.
  • Une précision améliorée — Le PAX utilise un seul anticorps monoclonal anti-IgE bien caractérisé pour détecter les IgE d’origine animale, assurant ainsi une grande spécificité de détection. Le PAX utilise également une technologie pour bloquer les déterminants des carbohydrates de réactivité croisée (CCD). Dans certains cas, les IgE se lient aux CCD, créant ainsi de faux positifs pour les allergènes de plantes et de venins d’hyménoptères. La technologie PAX utilise un agent bloquant pour empêcher cette liaison et des points de détections d’IgE anti-CCD dans le PAX. Les tests d’allergie qui n’utilisent pas de bloqueurs CCD identifient de nombreux allergènes dont beaucoup ne sont pas pertinents. Cette technologie garantit que seuls les allergènes pertinents sont identifiés pour éviter la confusion.
  • Un développement continuel — Les cartouches contiennent actuellement les composants allergènes et les extraits qui, selon les recherches actuelles, sont pertinents sur le plan allergologique chez les animaux. À mesure que les données seront recueillies, la recherche de nouveaux composants va continuer. Par exemple, si un extrait donne souvent un résultat positif alors que les composants moléculaires individuels sont négatifs, nous devrons alors assumer qu’il manque des composants. Nous continuerons donc les recherches et ajouterons des molécules dans les versions futures, continuant ainsi à faire avancer la recherche en allergologie animale.

Nextmune est le seul laboratoire de diagnostic vétérinaire utilisant actuellement l’allergologie moléculaire. Ce test de nouvelle génération permettra aux vétérinaires de mieux préciser les sensibilisations des animaux allergiques avec plus de précision et de sensibilité afin de faciliter les stratégies de traitement. Le lancement initial pour les chiens est prévu pour janvier 2023, suivi de tests pour les chats et les chevaux.

 

Thierry Olivry, DrVet, PhD, DipECVD, DipACVD, conseiller scientifique et chef de projet chez Nextmune.

Thierry Olivry est diplômé de l’école vétérinaire de Toulouse, en France. Il a effectué une résidence en dermatologie et un doctorat en pathologie comparée à l’université de Californie Davis et est diplômé de l’ACVD et de l’ECVD. Le Dr Olivry a passé la majeure partie de sa carrière en tant que clinicien-enseignant-chercheur à l’université d’État de Caroline du Nord, étudiant les maladies allergiques et auto-immunes de la peau chez les animaux. Il vit maintenant à Riga, en Lettonie.